Déclaration de S.E. Dr Adama Dieng, Envoyé spécial de l’Union africaine pour la prévention du crime de génocide et des autres atrocités de masse, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les discours de haine, le 18 juin 2026

En cette Journée internationale de lutte contre les discours de haine, la communauté internationale est appelée à méditer une vérité que l’histoire a maintes fois confirmée : les mots peuvent sauver des vies, mais ils peuvent aussi les détruire.
Aucun génocide, aucun crime contre l’humanité, aucune campagne de violence de masse ne commence avec la première balle ou la première victime. Tout commence par des idées. Tout commence par les préjugés. Tout commence lorsque des individus ou des communautés sont présentés comme moins dignes de respect, de protection ou de considération. Tout commence lorsque la haine se banalise et que le silence permet à l’intolérance de prospérer.
En Afrique comme ailleurs dans le monde, les discours de haine continuent d’empoisonner le débat public, d’alimenter les discriminations, d’exacerber les divisions sociales et d’inciter à la violence. L’essor fulgurant des technologies numériques a certes multiplié les possibilités de communication, mais il a également facilité la propagation de la désinformation, des discours incendiaires, des récits xénophobes, des stigmatisations identitaires et de l’intolérance religieuse à une vitesse sans précédent.

Date published: 
2026-06-18 00:00:00 GMT